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Témoignage de Jean-Pierre (2015)

                                                                    

       Je suis né en 1950 à Epernay (51). Venu à Paris pour poursuivre des études scientifiques, je suis resté dans la région ; j’ai été recruté chercheur au CNRS et ai travaillé dans un laboratoire du campus de l’Université Paris-Sud à Orsay. Je suis devenu sourd très progressivement. A 27 ans, j’ai ressenti une première baisse d’audition à droite. Il n’y a pas eu de diagnostic bien net : c’est l’oreille interne, il faut surveiller … En quelques années, l’audition de mon oreille droite s’est dégradée, malgré des traitements de ‘surdité brusque’ à chaque crise et elle est devenue complètement sourde. La surdité étant d’un seul côté, malgré quelques désagréments, je pouvais continuer à communiquer à peu près normalement et cela ne me gênait pas énormément dans ma vie personnelle et professionnelle (je dirigeais alors un laboratoire du CNRS). Les problèmes ont ensuite gagné l’oreille gauche qui s’est dégradée en plusieurs étapes malgré un régime sans sel strict et des traitements de surdité brusque. Tout cela pour arriver à une surdité totale en 2000. J’étais alors suivi à l’hôpital Lariboisière par le Prof. Tran Ba Huy. Très vite, il m’a proposé l’implantation de mon oreille droite et j’ai accepté immédiatement, ne voyant pas d’autre voie de sortie.

       L’opération a réussi, j’entendais des choses, mais comprendre tout ce qu’on me disait était plus difficile. Il m’a fallu une longue série de séances d’orthophonie étalée sur plus d’un an, associée à de nombreux exercices le soir chez moi pour progresser. Le soutien de mes proches, de ma femme en particulier, a alors été primordial. Professionnellement, je continuais à travailler, mais avec des changements et l’aide compréhensive de mes collègues. Je n’assistais plus à des réunions de discussion à plusieurs personnes, je ne téléphonais presque pas (tout par email !), j’assistais à des conférences avec un micro HF posé devant l’orateur. Bref, cela marchait … mais pas comme avant, je devais faire de gros efforts de concentration sur ce que j’entendais, mais c’était déjà beaucoup.

      Lors de mon implantation, tout le monde m’avait expliqué que les implants cochléaires faisaient alors des progrès rapides, que les nouveaux modèles seraient bien plus performants et que je pourrais profiter de ces améliorations. En fait la réalité fut bien différente : les implants ont effectivement bien progressé mais cela n’a pas impliqué des changements que dans le processeur, mais aussi dans la partie interne. Des adaptations aux anciens implants étaient réalisées par les fabricants, mais  tardivement, et n’amenaient que des améliorations partielles, le système complet ne pouvant bien entendu pas être le même. J’ai pu ainsi profiter de nouvelles versions de processeur pour mon ‘vieil’ implant. Il y avait un mieux à chaque fois, mais limité.

      Avec le temps, rencontrant de plus en plus d’implantés récents (je suis toujours un adepte enthousiaste des réunions du café littéraire de l’AIFIC), en particulier des implantés bi-latéraux, je réalisais que je n’étais pas dans la catégorie des implantés qui entendaient le mieux. Après Lariboisière, j’avais été suivi médicalement par le Prof. Frachet à Avicenne puis Rothschild. En 2012, il m’a proposé d’implanter mon oreille gauche, et ceci a été réalisé après des tests au début 2013. Comme on me l’avait dit la rééducation pour un second implant est nettement plus rapide, le premier soir je pouvais discuter aisément avec quelqu’un avec seulement le nouvel implant branché. Depuis, cet implant marche superbement, je comprends bien mieux et surtout avec moins d’efforts de concentration qu’avec l’ancien implant. Le bruit reste toujours une nuisance. Je peux téléphoner sans trop de problèmes. Les progrès réalisés par les implants sur 15 ans sont impressionnants.

      Depuis le début de l’année 2015, je suis en retraite. J’en profite pour être plus actif à l’AIFIC. Avant ma première implantation, je me posais beaucoup de questions sur l’implant : comment il marche, qu’est-ce qu’on ressent, qu’est-ce qu’on entend ? Rencontrer des personnes implantées m’avait alors beaucoup aidé pour me faire une idée (incomplète !) de ce qui m’attendait après l’implantation. J’essaye maintenant de rendre ce même service aux futurs/nouveaux implantés lors des permanences et des réunions/discussions de l’association.